Un symbole tombe

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Tsembéhou est en train de vivre la phase la plus glorieuse de son histoire. Beaucoup de symboles auréolent cette période. Après les législatives et les municipalités qui ont porté au pouvoir une nouvelle équipe, le vendredi dernier, c'est un autre symbole de la répression qui vient de tomber. Le local qui a servi de prison ces huit dernières années est démoli. Sur les lieux sera érigé le bâtiment qui abritera les services de la Mairie. La nouvelle équipe autour du maire en a décidé ainsi. Un édifice moderne, flambant neuf, sera bâti dans les semaines à venir. Les travaux ont déjà commencé et évoluent parfaitement.

Quoi de très intéressant que d'entendre des gens se rappeler, lors de la démolition de cette vieille bâtisse, d'un certain 14 juillet français : la prise de la Bastille. Certes la comparaison entre cet événement et la destruction d'une vieille gîte à Tsembéhou n'a rien de commun, mais s'ils sont évoqués c'est parce qu'ils sont chargés de symboles.

La gîte qu'on vient de détruire a servi une demi-dizaine d'années durant de prison. De 1997 à 2001, les tristement célèbres milices « Embargo », pendant les premières heures de la sécession, avaient installé ici leurs bureaux. Ils y enfermaient les opposants, les maltraitaient et parfois les torturaient. On ne quittait pas la prison sans avoir verser une amende fixée arbitrairement. Des milices s'étaient transformées en magistrat et jugeaient.

Un ancien ministre et un ancien député figuraient parmi les visiteurs qui avaient été invités à y subir un interrogatoire. Des prisonniers, ils étaient nombreux. Seulement faute d'archive, il est difficile de se faire une idée exacte du nombre de personnes qui ont senti, ne serait-ce que quelques heures, l'odeur acre et poussiéreux de cette prison.

De ces abus et de bien d'autres la population a tout pardonné. Et c'est dans une atmosphère bon enfant qu'on évoquait les noms de prisonniers célèbres.

Il convient de souligner que cette gîte était dans un état de dégradation avancé. Si on l'avait démoli, c'est parce qu'on ne pouvait le réhabiliter. Construit en 1967, ce local avait abrité un technicien vétérinaire de la SODEC. Au début des années 90, le Centre de Santé de Tsembéhou l'utilisait pour ses activités de planification familiale. La SNPT avait même installé une agence téléphonique. Tout dernièrement, le Croissant Rouge Comorien, section de Tsembéhou y avait ouvert un bureau qui cohabitait paradoxalement avec les milices.

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