Mme Ladaenti, une maire pas comme les autres.

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Indiscutablement Madame la maire de la 9ème circonscription est une femme décidée. Elle  s’est résolue, contre vents et marées,  à aller jusqu’au bout de son engagement. N’en déplaise à ses électeurs et électrices de  Tsembéhou. N’en déplaise à l’avis et à l’opinion des Tsembéhouens. La maire, c’est bien elle et elle compte bien le démontrer à quiconque voudrait le savoir.

Le bras de fer qu’elle a engagé contre le tout Tsembéhou continue et rien ne dit qu’elle est prête à lâcher prise.  Elue maire le 2 avril dernier et investie dans ses fonctions  il y a 35 jours, Madame Ladaenti Houmadi, n’a toujours pas eu le temps et le loisir d’exercer pleinement sa fonction de premier magistrat de la Commune. Et pour cause ? La dénomination de la Commune.

 A première vue la question pourrait paraître saugrenue. Mais à l’étudier de près, elle semble sérieuse et délicate. Madame Ladaenti veut coute que coute utiliser un cachet portant le nom de  "Commune de Bambao M’Trouni". C’est le nom qui figure sur la loi portant organisation des collectivités territoriales, votée en 2012.

Commune de Tsembéhou, la fierté

Mais ce nom a été rejeté depuis par la population de Tsembéhou qui soutient qu’elle n’a pas été sollicitée, ni informée de ce  changement de nom. Depuis sa création il y a une dizaine d'années, la commu

ne a toujours porté le nom de Commune de Tsembéhou. En 2012, d’intenses et difficiles négociations ont été menées entre le gouverneur Moussa Toyib et la population de Tsembéhou. Les deux parties se sont entendues de garder le nom de "Commune de Tsembéhou". Les 3 maires qui se sont succédé à la tête de la mairie, tous de Chandra, ont utilisé le sceau avec la mention "commune de Tsembéhou".

Une fois investie maire, Mme Ladaenti a mis un certain temps avant de regagner son poste. Le temps pour elle de faire fabriquer un cachet à sa convenance. Et quand elle arrive au bureau le 2 mai dernier, son premier entretien avec le personnel de la mairie a été tout sauf amical. Des menaces de renvoyer les stagiaires indélicats, d’affecter les agents indisciplinés et indociles. D’ailleurs elle ne répondrait "qu’aux saluts de ceux ou celles qui la salueront en premier". Elle les connait tous et toutes et elle a déjà eu vent "des ragots qu’ils racontaient à son égards". Elle a fait comprendre à son assistance que désormais les cachets qu’elle compte utiliser c’est bien ceux avec la mention  de "commune de Bambao Mtrouni" et qu’elle présentera les factures pour qu’on lui rembourse puisqu’elle les a  perfectionnés avec l’agent de sa poche.

La stupéfaction

Une douche froide pour l’assistance… Passée la minute de stupéfaction, c’est le Secrétaire général de la Commune qui a pris la parole pour tenter de lui  faire entendre raison. Peine perdue. Mme la Maire a fabriqué son cachet et elle compte bien l’utiliser.

Bien vite, la nouvelle a fait le tour de la ville de Tsembéhou. Et comme un seul homme, les habitants se sont soulevés et ont rejeté en bloc l’usage de ce nom "Commune de Bambao Mtrouni", qualifié par certains de nom "barbares". Tout s’est emballé. On ne parle que de Lada dans les places publiques et dans les foyers. Et depuis beaucoup de choses se sont passées. Beaucoup de salive a coulé. L’affaire a pris la tournure d’une guéguerre entre Chandra et Tsembéhou. Fort du soutien de la population de Tsembéhou, le personnel tient fermement tête à la nouvelle maire. Les travaux sont bloqués…

Mme Lada va commettre une autre brouille en tentant de stopper les travaux de construction de l’Hôtel de ville de Tsembéhou. Elle s’est présentée, le lendemain de son entretien chaotique avec son personnel, dans le chantier  et a tenté d’ordonner à l’ingénieur d’arrêter les travaux. Calmement ce dernier lui fit comprendre que cette décision relève plutôt du responsable de l’entreprise. Courageuse qu’elle était, Mme Lada téléphona à M. Mouhtar, le patron de l’entreprise et lui tient le même discours. " Ce n’est pas l’hôtel de ville de la commune de Tsembéhou, mais celle de la commune de Bambao Mtrouni. En conséquence, elle a réservé un terrain pour cette construction." Mr Mouhtar, qui était à Mohéli ce jour-là, n’en croyait pas à ses oreilles. Pour mettre un terme à ces quiproquos qui n’avaient que trop duré, il lui a simplement  demandé de lui signifier par écrit son ordre.

Barricades à Hassandzé

Beaucoup de gens à Tsembéhou pensent que dans sa démarche, Mme Ladaenti serait conseillée, soutenue et encouragée par une clique d’extrémistes, originaires de Chandra. S’il en est ainsi, ce serait une grave erreur de sa part de se laisser glisser sur cette pente ardente de confrontation insensée contre ceux qui ont contribué à la faire élire. Et si elle ne  le fait  qu’à sa tête, cet entêtement va jouer en sa défaveur. Et quand elle s’en rendrait compte il serait déjà trop tard. Pour faire la promotion de leurs trouvailles, les collaborateurs  de Mme Ladaenti ont confectionné des panneaux et les ont implantés à Msakini et à Chandra avec la mention "Bambao Trouni" et le soir vers  minuit des camions d’agrégats sont versés à la sortie du pont de Hassandzé en direction de Chandra. Des barrages ont été également dressés sur la route au niveau de la mosquée de Chandra.

Confiance perdue

Mme Ladaenti  a perdu la confiance et le soutien de tout Tsembéhou. Et comment un magistrat de la région de Tsembéhou peut exercer un quelconque pouvoir au nom de la région sans le soutien de la ville de Tsembéhou ? La mission première d’un maire est d’assurer la paix, la cohésion, la quiétude, l’harmonie  dans sa commune ; d’Œuvrer pour l’unité, la mobilisation des énergies et des talents pour le développement local. Et dans cette entreprise, la participation de tous les citoyens est indispensable. Cependant, j’ai la nette impression que Mme Lada ignore tout de ces idéaux. Elle ignore que c’est bien à elle, en tant qu’élue, qu’on demandera des comptes. Mais pas à ces fanatiques qui l’entourent et le poussent droit au mur.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le vendredi 22 mai, elle avait convoqué le conseil municipal pour la première fois. Dépités par ses déclarations et ses agissements, les conseillers de Tsembéhou ne se sont pas présentés. Et rien ne dit qu’ils ne boycotteront pas la prochaine réunion prévue à la fin de ce moi de mai.

Démission ou destitution

Le bon sens aurait voulu que Mme Lada avoue son échec et démissionne. Elle constitue un facteur de blocage pour le bon fonctionnement de la mairie. En suspendant le 1er  Adjoint au Maire, elle a abusé de son pouvoir. Elle n’a pas le droit de suspendre un élu comme lui. Depuis qu’elle est investie jusqu’à ce jour, elle n’a signé aucun document valablement, ni organisé une réunion avec le personnel de la Mairie. La tension est vive dans la région. Les provocations et les joutes oratoires ne présagent rien de bon.

Si elle ne reconnait pas son échec et si elle ne veut pas laisser la place à quelqu’un d’autre qui en serait compétant, le conseil municipal se trouverait dans l’obligation de la destituer et d’élire à sa place quelqu’un d’autre. Pour que la paix et l’harmonie règnent dans les trois localités de la Commune : Tsembéhou, Drindri et Chandra.

Un électeur avisé et amoureux de la commune de Tsembéhou

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