Lettre ouverte au Président de l’Union Des Comores

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Créé le jeudi 20 septembre 2012 11:47
Écrit par Tsembehou Info

Nous, Collectif des Ulémas et des Notables de N’dzuwani Défenseurs des Califes Orthodoxes, Défenseurs de la Doctrine Chafiite, Défenseurs des cérémonies du Maoulid et Défenseurs des Toirikas sommes hautement préoccupés par la multiplication des foyers de crise à caractères confessionnels dans le pays et particulièrement à Anjouan.

« Ceux qui ont édifié une mosquée nuisible et impie pour semer la division entre les croyants et pour en faire un lieu d’embuscade au profit de ceux qui luttaient auparavant contre Dieu et contre son prophète ; ceux-là jurent avec force : (Nous n’avons voulu que le bien !) mais Dieu témoigne qu’ils sont menteurs » Sourate l’IMMUNITE (Verset 107)

Explication du verset :

 La mosquée citée dans ce verset revient à un groupe d’hypocrites de Médina poussé par le moine Ibn An mer dans l’intention de rivaliser la mosquée de Kuba de Banou An-mrou. Cette initiative avait comme objectif, semer la zizanie et le sectarisme religieux à Médine, mais aussi se servir de ce lieux de prière comme QG de fomentation des coups et des embuscades aux croyants et au prophète. Lorsque la mosquée est achevée, on a convié le prophète de venir la bénir. Mais Dieu le tout puissant a informé son prophète à son retour de la conquête de Tabouke, les intentions des hypocrites en lui interdisant de répondre à l’invitation. Surtout qu’il avait l’intention de répondre cette invitation, car il ne savait pas les visés réels de cette initiative.

 

Nous, Collectif des Ulémas et des Notables de N’dzuwani Défenseurs des Califes Orthodoxes, Défenseurs de la Doctrine Chafiite, Défenseurs des cérémonies du Maoulid et Défenseurs des Toirikas sommes hautement préoccupés par la multiplication des foyers de crise à caractères confessionnels dans le pays et particulièrement à Anjouan.

Les exemples ne manquent pas. La justice elle-même en sait quelque chose pour avoir pris part en appliquant une peine disproportionnée de travaux d’utilité publique à tout un village pour voir deux de leurs enfants libérer de la maison de sureté de Koki. Leur forfait était d’avoir voulu empêcher la construction d’un lieu de culte d’une minorité confessionnelle – les Djaoulas

à Bandraju dans la région de Bandrani. Et pourtant un arrêté du gouvernorat de l’île avait suspendu les travaux. Ces deux fervents défenseurs de la paix de leur village, car mandatés par leur communauté, méritaient aux yeux de notre justice un châtiment exemplaire car ils ont arraché des tôles d’un chantier suspendu par l’autorité de l’île et que le village n’en voulait pas d’une implantation confessionnelle autre que celui pratiqué depuis des longues dates par l’ensemble des comoriens et étant la source d’inspiration unique du peuple comorien tel est reconnu par la constitution de l’Union des Comores. Tout ceci dans le but d’éviter un conflit interconfessionnel prévisible comme cela se passe déjà dans plusieurs localités de l’île. Nous énumérons ici quelques cas :

- A Bambao M’tsanga, la tribune de prêche d’une mosquée est fracassée par la minorité Djaoula pour la simple raison que cette minorité n’est pas du tout acceptée par la commune.

- A Mutsamudu, sur un terrain du stade de Missiri, derrière le complexe couvert, les chiite ont érigé un imposant bâtiment qui abritera leurs outils de propagande de masse, une radio et une télévision. On se demande sur quelle base juridique peut-on à tour de bras s’octroyer un terrain appartenant du domaine publique sans que les services concernés et la communauté ne soit consulter. Les dessous de cette implantation sont riches d’indices annonciateurs d’une crise interconfessionnelle profonde en perspective.

Presque toutes les localités d’Anjouan sont en proie à des conflits, s’elles ne les vivent pas déjà comme c’est le cas à Koni, à Bazimini, à Nindri, à Sima, à Milembeni

L’Etat comorien doit jouer son rôle de régulateur. Il n’est plus question d’attendre que le feu embrase la terre pour chercher à l’éteindre. Mais agir en dirigeants responsables qui font de la prévention, une priorité.

Notre doctrine est le chafiite. C’est une doctrine qui fonde sa philosophie sur la paix, la tolérance et honnêteté. Nous ne sommes pas riche comme les minorités Djaoula et chiite soutenus par des financements sans traçabilité et le plus souvent douteux. Ce n’est pas que nous croyons à une doctrine d’Etat que ce dernier la protège. Au contraire : nous assistons à une prise d’assaut généralisée de ces deux minorités dans toutes les sphères de l’Etat sans que cela ne nous interpelle.

Cette indifférence s’apparente à une trahison de ceux qui gouvernent vis-à-vis de leur peuple et devant Dieu. Sur ce point, le control quasi effectif du Madjlis Al Ulama d’Anjouan par les Djaoulas et les chians met aussi en danger les toirikas. Il y a trois jours, la confrérie Tidjani s’est vue interdit d’organiser un Maoulid à Domoni sans l’autorisation du Madjlis. Lequel Madjlis souvenez-vous avec la complicité de ces minorités dangereuses, avait tenté d’installer un Moufti à Anjouan sous couvert du mensonge en voulant associer leur complot contre la nation au Président Ikililou.

Nous mettons en garde par conséquent nos autorités à prendre les mesures qui s’imposent afin d’éviter le pire et donner la place qu’elle mérite à notre doctrine qui puise ses racine dans la pratique religieuse de « Ahlissounna, waldjamaan Anla Madh’hab Imam Chafiin » avait déclaré Ahmed Abdallah Mohamed Sambi alors président des Comores à son homologue iranien lors de sa visite d’Etat à Moroni en 2010. Et comment l’actuel chef de l’Etat peut-il ignorer une telle expression qui reste le guide de toute décision importante devant régir la vie politique, économique et sociale de notre pays.

A la lecture du verset coranique cité plus haut, il est de notre devoir de s’interroger sur les constructions des lieux de culte chiites et Djaoulas à Dziankundré et Chitsangani à Mutsamudu,

Bandrani et Lingoni. Les autorités ne diront pas qu’elles ignorent la mosquée Chian à Moroni, dont les adeptes parlent contenir pleines de pierres saintes. Partout où ces minorités s’installent. Elles apportent querelles sur fond de prosélytisme mensonger, basé sur la misère grandissante de la population. « Venez prier avec nous et partez le ventre plein. » on attend le dire souvent les propagandistes chiites pour convaincre les plus érudits des croyants les ventres vides, assaillis par misère rampante.

Nous demandons enfin, l’application stricte des recommandations de Doha de janvier 2007. Une conférence qui avait réuni tous les courants confessionnels de l’islam. Les décisions prises à l’époque tracent les voies pour nous sortir de ce séparatisme confessionnel annoncé.

 Mutsamudu le 19 septembre 2012

 Le Président du Collectif : Hatub Koussoy Abdallah

 Copie :

- Président de l’assemblée nationale

- Président de la cour constitutionnelle

- Les Gouverneurs des îles

- Les Conseils des îles