Mohamed Bacar indésirable

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Nous vous présentons quelques extraits d'un article paru dans le journal Kashkazi N° 64 du mois de juin 2007 et qui parlent de l'accueil que les Tsembéhouens avaient réservé au colonel Mohamed Bacar lors de la campagne présidentielle de mai. Une sorte de revanche après les événements du 2 mars 2003.

Mohamed Bacar indésirable

LUNDI 14 MAI 2007. Le candidat Mohamed Bacar, officiellement ex-président de l'île depuis trois jours, tient son premier meeting de campagne à Tsembéhou. La Cuvette a une idée précise de la "paix sociale" telle que Bacar la conçoit, mais visiblement, elle n'en veut pas. A l'entrée du village, le pas lent de la voiture ralentie par la route défoncée, permet d'observer le spectacle déconcertant de l'accueil réservé au "père de la tournante". Sur chaque porte, un homme dessiné maladroitement, une arme à la main. Sur le bas côté, des gamins armés de mitraillettes en bois, qui simulent à chaque passage d'un véhicule une fusillade. Des filles en colère crient leur haine d'un président qui, jadis, envoya l'armée pour mater un conflit avec la localité voisine. C'était un 2 mars ; les nombreuses pancartes fabriquées par les habitants nous le rappellent.

Le village est étendu sur plusieurs kilomètres. Mais la contestation ne laisse que peu de place au vide. Les mamans, les enfants, les vieux, tous sont sortis de leur maison. Devant la mairie, des centaines de jeunes s'énervent. On les a gazés, affirment-ils, pour les calmer un peu. Depuis quelques minutes, la réunion publique a débuté, mais l'entrée y est très minutieusement restreinte par des hommes qu'on imagine de main. A l'intérieur, devant une foule deux fois moindre qu'à l'extérieur, Bacar se présente comme l'homme fort de cette île.

C'est le cas de le dire. Il doit presque crier pour faire oublier les diatribes incessantes des opposants, de l'autre côté du mur. Les gardes du corps sont sur les nerfs. A sa sortie en 4x4, escorté par des dizaines de gros bras, quelques échauffourées démontreront la tension qui règne dans l'île dite rebelle. Un des innombrables gardes du corps fera comprendre à un adolescent qu'insulter Bacar vaut cher : une correction faite de baffes et de coups de poings. Le lendemain, excédés par des manifestations hostiles comme ils en rencontrent dans les nombreux villages qu'ils traversent pour se rendre aux meetings, des proches de l'ancien président descendront des voitures qui composent le cortège du candidat et sortiront les armes, à Ouani. De quoi faire comprendre à la population qu'il ne fait pas bon s'opposer au colonel. Sans tirer certes. La seule vue des armes suffit…

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